Athlétisme. Un Paris 2024 loin d’être gagné pour les Tricolores

Si loin du compte. À deux petites années des Jeux Olympiques de Paris, l’équipe de France d’Athlétisme, sport roi des JO s’il en est, est très loin du compte. Après l’image déplorable renvoyée aux Mondiaux de 2019 au Qatar, l’Agence nationale du sport (ANS), argentier du haut niveau, et du Ministère des sports, avait mis en demeure la Fédération française d’athlétisme de se reprendre au plus vite et redresser la barre.

Des pics, des millimètres, mais pas de titre

Après avoir usé deux directeurs techniques nationaux (DTN) et un directeur de la performance (Florian Rousseau, parti au cyclisme), se sont désormais Romain Barras et Patrick Ranvier (DTN) qui sont aux commandes depuis janvier et jusqu’à présent les résultats ne sont toujours pas là ou si peu. À des mondiaux aux États-Unis bien tristes, où seul l’or du décathlonien Kevin Mayer avait sauvé la mise évitant de justesse un zéro pointé – chose plus connue depuis près de trente ans – ce sont dorénavant ajoutés des championnats d’Europe où pour la première fois depuis 40 ans, la France n’a pas décroché le moindre titre.

Alors que pointe l’événement mondial du sport dans deux ans en France, tout cela fait bien désordre, mais ne semble pas inquiéter outre mesure les têtes pensantes de l’athlé français. Ainsi Romain Barras, tente de trouver par tous les moyens le ciel plus bleu qu’il ne l’est. Avec neuf médailles pour les Français, mais aucun titre donc, il assure vouloir garder espoir : « Oui, pas de médaille d’or. Après, on est un sport de millimètres, de centimètres. On l’a vu, c’est un millième qui aurait pu faire basculer une médaille d’argent en or sur le 110 m haies avec Pascal Martinot-Lagarde sur 110 m haies. C’est le sport, c’est l’athlétisme. » a-t-il déclaré au quotidien sportif L’Équipe et de trouver des explications à ce manque de performances : « On a des athlètes qui étaient à Eugene et qui ont mis leur pic de forme sur Eugene, des Mayer, des Bigot, des Tual, des Lavillenie sont arrivés ici un peu émoussés a minima et ça fait des chances de médailles qui s’envolent. Mais c’est normal. Ce sont des gens qui ont des prétentions de niveau mondial, il faut que leur pic de forme soit sur les Championnats du monde. »

Reléguée à la 22 e place au classement des nations

Dans la continuité des performances des trois dernières années, la France est cette fois reléguée à la 22 e place au classement des nations – malgré l’absence des athlètes russes et biélorusses en raison de l’invasion de l’Ukraine. Du jamais vu !

Pas suffisant semble-t-il pour décourager le directeur de la haute performance : « 23 finalistes, c’est quelque chose qui est révélateur d’une certaine densité. D’accord, c’est un niveau européen, c’est un niveau intermédiaire, mais il y a trois relais en finale et deux sur le podium. On dit souvent que les relais sont révélateurs d’une équipe nationale. Là, nos relais se sont retrouvés. Le 4×100 hommes a fait un super parcours, le 4×400 hommes a des perspectives qui sont très très jolies aussi. »

Face à ce marasme tout de même criant, faut-il tirer une croix sur Paris 2024 ? Tout cela est bien possible, comme tente de le suggérer en filigrane Romain Barras : « On construit et on espère que ça portera ses fruits. Peut-être que ça sera pour 2028 ou 2032, et tant mieux ! Le but, ce n’est pas simplement de raisonner Paris-2024. » La route est encore longue et les pistes se réduisent.