Top 14 – 1re journée : alors qu’il reçoit Castres ce samedi, le Racing est sur une page blanche et ciel

l’essentiel Rajeunis, les Franciliens repartent sur un nouveau cycle mais espèrent se dégager l’horizon en prenant encore plus d’initiatives individuelles.

Laurent Travers est un homme de parole, qui paie toujours ses dettes, y compris entre deux éclats de rire, quand le « dû » était parti d’une boutade devenue un running gag. Alors, jeudi après-midi, lors du point presse, il a effacé son ardoise en offrant deux bouteilles de grands crus bordelais, un Margaux (Château d’Issan) et un Saint-Estèphe (Lafont-Rochet), appartenant à Jacky Lorenzetti, son président. Le directeur du rugby du Racing n’a pas encore suffisamment trempé les lèvres dans son millésime 2022-2023 pour savoir s’il sera extrêmement bien noté par le guide Brennus, seul juge en l’état, le 17 juin prochain, jour de la finale du Top 14.

En revanche, l’ancien boss castrais (2009-13) est déjà satisfait de la préparation et des vendanges, à savoir du recrutement (Woki en tête) qui pourrait d’ailleurs être complété prochainement de quelques grains (l’ailier anglais Christian Wade devrait être le joker médical de Regan Grace) : « Ce serait prétentieux de dire que tout va bien, que tout est réglé, que les recrues sont déjà complètement intégrées mais l’état d’esprit est bon. On attaque une course de 26 étapes, contre Castres ce ne sera que la première. Il y a un peu de pression comme pour une rentrée scolaire. Les matchs vont construire l’équipe, les résultats aussi. On a encore pas mal d’absents. » Fickou, Tuivuaka, Chouzenoux et Sanconnie sont blessés alors que Gelant, Imhoff, Poloniati et Nyakane ne sont pas encore disponibles.

Un esprit « french flair »

À quoi s’attendre alors que les matchs amicaux (succès à Perpignan 28-14, défaite à Brive 20-15) ont vu un Racing produire « un contenu très mitigé, avec des actions de belle envergure mais aussi des moments d’absence » d’après Laurent Travers ?

Antoine Gibert a apporté un début de réponse : « On ne part pas complètement dans l’inconnu car on a bien bossé pendant deux mois mais disons qu’on voit le rugby d’une nouvelle façon. Rory (Teague, le nouveau boss de l’attaque) veut nous dicter un peu un esprit « french flair », avec une liberté pour des initiatives individuelles pour exploiter toutes les qualités de joueurs. Cela va demander un peu de temps pour prendre les repères surtout qu’on a perdu pas mal de cadres. » Parmi eux, Machenaud, Thomas, Beale, Baubigny, Jones, Tanga mais aussi des joueurs majeurs de la rotation comme Colombe ou Pesenti.

« Castres a de l’avance sur nous »

Le changement de logiciel est un peu plus subtil, précise Laurent Travers, alors que les siens, déjà très en verve offensivement la saison dernière, ont plutôt pêché en défense, notamment à l’Arena, et dans le jeu d’avants : « La nouvelle approche amène une nouvelle dynamique. Mike (Prendergast) avait bâti un système stéréotypé, qui correspondait à ce qu’on cherchait et avait amené une structure, une sécurité et un cadre à l’équipe. On ne renie rien, on a été performant avec ça. On veut faire évoluer ce système avec un peu plus de liberté. Les deux approches sont complémentaires. Mais tout partira de la lecture de jeu. »

Contre les Tarnais, Antoine Gibert estime les siens débuter « avec prudence et envie ». Laurent Travers, lui, a délaissé le statut de favori : « L’an dernier, ils sont allés en finale et nous juste en quart. Leur effectif a très peu bougé. Ils ont donc logiquement de l’avance sur nous. » Le CO n’a pourtant pas gagné au Racing depuis février 2016 (9-13), dans les frimas de Colombes. Palis, Babillot, Dumora, Combezou et Tichit étaient déjà là…