Derby TGB – Basket Landes : Marie Pardon et Marine Fauthoux, la rivalité n’exclut pas l’amitié

l’essentiel Ligue féminine (17e journée). Il y aura un match dans le match, ce dimanche après-midi (15 h 15) au Quai de l’Adour, lors du derby du sud-ouest entre les deux meneuses et copines Marie Pardon (TGB) et Marine Fauthoux (Basket Landes).

Elles ont le même âge (22 ans), 18 jours d’écart entre les deux, évoluent au même poste, ont grandi ensemble au sein des sélections jeunes de l’équipe de France et même joué un an dans le même club, au TGB (2019-2020)… Sur le papier, Marie Pardon et Marine Fauthoux ont tout pour être de parfaites rivales.

« La concurrence, entre nous ? Ouh là, pas du tout ! », répond très spontanément la seconde nommée. « Mais c’est vrai que sur notre premier été avec les Bleues en U16, on ne se parlait pas trop mais on a appris à se connaître, renchérit sa copine. Marine, c’est une de mes meilleures amies et la concurrence n’a jamais été un problème car on se tire vers le haut. »

Chambrage de rigueur

Les deux meneuses avouent partager les mêmes délires, et il n’est pas rare que Marie Pardon aille passer ses dimanches chez Marine Fauthoux. Ou l’avantage d’évoluer dans deux clubs, Basket Landes et le TGB, aussi rapprochés géographiquement. « Marie, elle n’est pas du sud, indique la Paloise, elle n’a pas sa famille dans le coin donc je ne vais pas la laisser toute seule dans son appart’, sourit la Béarnaise, qui vante l’humour de sa pote au quotidien tout en pointant ses problèmes d’organisation. Elle fait tout à l’arrache au dernier moment, c’est insupportable (rires) ! » Ce qui n’empêche pas la Lyonnaise de mentionner de grosses carences en termes de ponctualité chez son amie : « Il va falloir y remédier, il faut qu’elle grandisse là-dessus (rires) ! »

Vous l’aurez compris, le duo aime bien se chambrer, jusque sur les parquets. « Sur le terrain on se branche, mais à l’aller (victoire de Basket Landes 69-66), je n’étais vraiment pas dans un bon jour, j’étais frustrée et elle l’a vue, donc elle n’a pas trop insisté », indique Marie Pardon.

Si proches et la fois différentes

Malgré une réelle proximité et beaucoup de points communs, les deux copines évoluent chacune avec leurs propres caractéristiques. « Marine, elle est toujours chiante à jouer car elle te sort des gros tirs à de n’importe où, elle est dans la recherche permanente de l’efficacité, de la justesse et il n’y a pas beaucoup de déchets dans son jeu », loue la n°5 du TGB. « Moi, ce qui m’impressionne chez Marie, c’est cette capacité à toujours faire la bonne passe, ce n’est pas pour rien qu’elle a fini meilleure passeuse du championnat l’an dernier, lui renvoie sa consœur à la mène. Physiquement, elle est beaucoup plus forte que moi, que ce soit sur la vitesse, le cardio ou en muscu, et elle a raison de jouer sur ses atouts. »

Pour autant, si l’on compare les deux trajectoires, c’est bel et bien Marine Fauthoux qui a connu un début de carrière plus express. Au même âge, cette dernière compte déjà 43 sélections internationales contre 4, a déjà connu un gros transfert dans un top club, Lyon-Asvel (où Marie Pardon a fait ses classes), et évolue depuis l’an passé dans une très solide formation de LFB.

De son côté, Marie Pardon prend son temps, au pied des Pyrénées, avant d’aller très certainement prendre son envol vers d’autres horizons, cet été ou l’an prochain. « Chacune a son parcours, fait ses choix, explique Marine Fauthoux. Mais peu importe où tu joues, ça ne remet d’aucune façon en cause le niveau de telle ou telle joueuse. » « C’est vrai qu’on a deux schémas de progression distincts, abonde la Tarbaise. Il y a des étapes que Marine a déjà franchies car elle a maturé plus vite, c’est un fait. Mais chacun son rythme, ce n’est pas un problème. »

Et même si les deux confient parler peu basket quand elles se voient, les amies, ça sert aussi à écouter, à se conseiller mutuellement à l’heure des choix de carrière. « Bien sûr que quand j’ai des interrogations, on évoque certains sujets, indique Marie Pardon. Avoir une amie qui a déjà ce vécu, ça te tire vers le haut, te motive pour progresser. »

Mais à l’heure de se retrouver pour un derby du sud-ouest qui s’annonce bouillant, il n’y aura pas de temps pour le bavardage. Mais pour du chambrage sur le terrain, très certainement.