Lourdes. Deux députées, dépitées, en appellent à la grève illimitée

l’essentiel Proches de Jean-Luc Mélenchon, Sylvie Ferrer et Rachel Kéké étaient récemment présentes à Lourdes. Leur virulent discours a été applaudi par un public acquis à leurs convictions.

Soixante-seize pour cent d’offres d’emploi « bidon » sur le territoire national (quatre-vingt-neuf pour cent à Tarbes et quatre-vingt-deux pour cent à Lourdes – hors hôtellerie)… Ces chiffres ont été rappelés samedi par Ahmad Asgari, le coordinateur local du comité CGT des travailleurs précaires et privés d’emploi.

C’était lors d’une conférence de presse à laquelle avait été invitée la députée Rachel Kéké, élue du Val-de-Marne, à l’initiative de sa consœur Sylvie Ferrer (élue de la première circonscription des Hautes-Pyrénées), toutes les deux membres de NUPES-LFI.

L’objet de cette conférence était de sensibiliser l’opinion aux drames vécus le plus souvent dans l’indifférence par les « sans-dents » (pour reprendre une triste expression)… Des sans-dents qui auraient peut-être intérêt à les montrer, s’ils veulent obtenir une amélioration de leurs conditions de travail !

Mère de cinq enfants, Rachel Kéké en sait quelque chose, puisqu’elle a bossé pendant plus d’un quart de siècle comme femme de ménage à l’hôtel Ibis des Batignolles (Paris) : une forme d’esclavage moderne à la fois sexiste et racial ? « Au début, on était payées à la chambre – parfois jusqu’à cinquante –, et nos heures supplémentaires n’étaient pas comptées ! Alors on s’est mises en grève… »

Une grève qui aura duré vingt-deux mois : « Au début, nous étions trente-quatre, et nous n’étions plus que vingt à l’arrivée, se souvient Rachel : Mais suite à bien des procédures, et confronté à la dégradation de son image de marque, le groupe Accor a fini par céder… »

Résultat : une limitation à trois chambres par heure ; des augmentations de salaire (parfois jusqu’à cinq cents euros) et le paiement des heures supplémentaires pour tout le monde – y compris pour celles qui ne s’étaient pas jointes au mouvement : « mais cela, c’était de bonne guerre ».

Reste, bien sûr à continuer à lutter contre le « sans-gêne » affiché par un certain type de clientèle : attouchements, voire des viols : « Les femmes ont été tellement choquées par le harcèlement médiatique infligé à Nafissatou Diallo (cf. affaire du Sofitel de New York impliquant Dominique Strauss-Kahn, NDLR), qu’elles préfèrent ne rien dire… Or, il faut parler ! »

Et Rachel Kéké de conclure, non sans l’approbation de Sylvie Ferrer et celle d’Ahmad Asgari, à la nécessité de rester toujours sur le terrain : une femme de ménage est usée avant soixante-deux ans ! Alors, quand il est question de retarder l’âge de la retraite…