Réforme des retraites : pourquoi les éboueurs de Toulouse ne sont pas en grève

l’essentiel Depuis le début de la mobilisation contre la réforme des retraites, les éboueurs de Toulouse Métropole en grève sont rares. Les autres n’excluent pas de rejoindre la contestation dans les prochains jours. Mais pour d’autres raisons…

Les images des poubelles qui débordent dans les rues de Paris ont ramené les Toulousains plus d’un an en arrière, en janvier 2022. La grève des agents préposés à la collecte des déchets de Toulouse Métropole avait laissé la Ville rose dans un état semblable. Ils avaient ferraillé contre la collectivité pendant 52jours pour le maintien du fini parti, cette pratique qui leur permettait de retourner chez eux une fois leur tournée achevée.

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En dépit de certaines contreparties, les éboueurs avaient dû baisser les armes au terme d’une lutte longue et coûteuse ; et, ainsi, abandonner « leurs privilèges ».

Pour la mobilisation contre la réforme des retraites, la collecte des déchets à Toulouse se passe sans accrocs. Les éboueurs, pourtant symboles de ces métiers pénibles – escamotés du projet de loi selon les syndicats – ne suivent que faiblement le mouvement de grève national.

Thomas Barby, secrétaire général de la CGT Toulouse Métropole assure : « Il ne faut pas croire qu’il n’y a pas de grévistes. Ils existent mais sont minoritaires ».Selon lui, l’absence de mobilisation pourrait être temporaire. « Le mouvement social de l’année dernière joue encore sur la volonté des éboueurs. C’est difficile de se remobiliser après ce qu’ils ont vécu. Ils ont perdu du salaire. Beaucoup. Mais les dernières annonces de Toulouse Métropole pourraient provoquer de nouveau une grève chez les agents. L’impossibilité de travailler en horaire supplémentaire le samedi et le dimanche pourrait être coordonnée avec la mobilisation contre la réforme des retraites et faire naître un mouvement à Toulouse. »

Des blocages à venir ?

Un ancien éboueur, plus cynique, estime que « les agents sont égoïstes et tant que leurs acquis sont conservés, ils ne vont pas se mettre en grève pour un mouvement national ».Lui aussi pense qu’avec les modifications à venir dans le ramassage des déchets dans la métropole, un mouvement social peut éclater.« Ils sont marqués par la terrible grève de l’an dernier. Un mois et demi de salaire en moins, ça rince mais perdre encore un bout de son morceau de pain, ça peut remotiver », veut-il croire. Nicolas Refutin, secrétaire générale FO Toulouse Métropole, concède qu’il est plus compliqué pour beaucoup de s’approprier les conflits nationaux plutôt que locaux.« Le calendrier du dialogue social avec Toulouse Métropole, est, pour la majorité des éboueurs bien plus impactant que la réforme des retraites », indique-t-il.

La suppression des heures supplémentaires le samedi et le dimanche est un sujet explosif pour les agents de la métropole. Des réunions entre les différentes organisations syndicales sont prévues dans les prochains jours et des blocages pourraient être organisés.« Il faut échelonner les luttes. L’objectif n’est pas d’épuiser les collègues,qui ne peuvent pas mener tous les combats », confie Nicolas Refutin.