
Le sous-marin nucléaire d’attaque Perle, ravagé en 2020 par un incendie, va reprendre la mer. Le navire a « effectué des essais de propulsion et de manœuvrabilité en surface », à l’issue des travaux d’entretien ayant suivi sa réparation, a annoncé, mardi 23 mai, le ministère des armées. Il a « franchi une étape majeure en réalisant sa plongée statique le 22 mai », affirme le ministère, précisant que ces essais ont pour « objectif de s’assurer de la capacité du sous-marin à naviguer en sécurité ».
Le submersible, entré en service en 1993, avait été touché par un violent incendie en juillet 2020 lors d’un chantier d’indisponibilité périodique pour entretien et réparations (IPER). Le feu, vraisemblablement provoqué par un éclairage qui avait consumé une feuille de plastique en vinyle, avait considérablement endommagé l’avant du sous-marin alors vidé de ses armes, de ses équipements électroniques et de son réacteur nucléaire.
La décision de le remettre en état avait donné lieu à un imposant chantier de dix mois. Le sous-marin avait été convoyé à Cherbourg (Manche) sur un navire. L’arrière du Perle avait été soudé à l’avant d’un autre sous-marin de la même classe, le Saphir, désarmé en 2019. Ce Lego à 110 millions d’euros avait allongé sa taille d’un mètre et a alourdi de 68 tonnes son poids total de 2 700 tonnes en plongée.
Un élément important de la stratégie de la marine
Le Perle avait ensuite regagné Toulon sur le même navire pour y reprendre les travaux d’entretien interrompus par l’incendie. Le chantier IPER, réalisé tous les dix ans, consiste à redonner du potentiel à la propulsion nucléaire du navire en le rechargeant en uranium, à contrôler ses installations, son armement constitué de torpilles et de missiles antinavires, son système de combat et sa propulsion.
Selon le ministère des armées, le Perle reprendra le service opérationnel « à l’issue de sa période d’essais à la mer après vérification de sa capacité à naviguer en sécurité puis validation de ses systèmes de combat ». Sa remise en service est un élément important de la stratégie de la marine qui se fonde sur la présence de six sous-marins nucléaires d’attaque dont l’une des missions est d’appuyer les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins mais aussi d’escorter le porte-avions Charles-de-Gaulle, élément-clé de la dissuasion française.