Dans l’Indre, l’exercice d’équilibriste d’Elisabeth Borne

C’est un bruit de fond qui a accompagné toute la visite d’Elisabeth Borne dans l’Indre, vendredi 21 avril : quelques dizaines de manifestants ont attendu la première ministre à deux des trois étapes de son déplacement pour exprimer leur opposition à la réforme des retraites.

Une vingtaine de personnes, maintenues par la police à distance de la mairie de Buzançais, l’ont interpellée avec des casseroles et en criant « Borne dégage » ou « Macron démission ». A Châteauroux, peu de temps après, une centaine de manifestants l’ont accueillie de la même manière. Bousculades et face-à-face musclés les ont opposés aux forces de l’ordre, a constaté La Nouvelle République de l’Indre.

Un périmètre avait été défini où seraient interdits « toute manifestation, attroupement ou rassemblement revendicatif ». « Le plus compliqué, c’est de trouver le bon équilibre, explique un cadre des services de l’Etat sur place. L’idée n’est pas de tout bloquer, sinon ça tourne à la visite Potemkine, ce dont la première ministre ne veut pas. »

Début de polémique

Mais cet exercice d’équilibrisme a déclenché un début de polémique. « Le préfet de l’Indre interdit toutes les manifestations pour la venue d’Elisabeth Borne, a réagi le leader des « insoumis », Jean-Luc Mélenchon. Suspendre les libertés constitutionnelles est illégal hors de l’article 16 [de la Constitution, portant les pouvoirs exceptionnels accordés au président de la République en cas de crise majeure]. On en est là ? »

Lors d’un point presse, à Buzançais, la première ministre a réfuté – à tort – qu’il avait été interdit de manifester. « Du reste, il y a des gens qui manifestent », a-t-elle souligné, indiquant : « Le préfet a pris un arrêté pour interdire de circuler dans une rue à Chateauroux, je ne pense pas que ce soit une mise en cause des libertés constitutionnelles de notre pays. » « Une fois de plus, M. Mélenchon est dans la caricature », a conclu Mme Borne.

Mais, à ses yeux, l’essentiel n’était pas là. Vendredi, comme de nombreux ministres, la cheffe du gouvernement, à l’affût d’un nouvel élan politique, était sur le terrain pour tenter de renouer avec les préoccupations quotidiennes des Français, et particulièrement ceux de la petite classe moyenne, visée par la réforme des retraites et très mobilisée dans les sous-préfectures. « Beaucoup de ministres se déplacent, a-t-elle dit. C’est important d’aller à la rencontre des Français, quand ils veulent bien discuter, d’échanger avec eux. » A ceci près que, contrairement au président de la République, Elisabeth Borne n’est pas allée s’expliquer avec les manifestants.

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