Finance : Paris savoure ses réussites post-Brexit

Deux ans et demi après la sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), aucun doute, assure Vanessa Holtz, une Française qui dirige le bureau parisien de Bank of America : « Paris est clairement une ville vainqueure post-Brexit. » Un constat partagé par les autres banques qui ont choisi de renforcer leur présence et voient désormais Paris comme une base de développement à long terme.

La compétition n’était pas gagnée d’avance : contraintes pour des raisons réglementaires d’élire un nouveau domicile dans l’UE après le Brexit pour y poursuivre leurs activités, une majorité de grands établissements anglo-saxons ont, dans un premier temps, choisi de répartir leurs forces entre Dublin, Francfort, où se trouve la Banque centrale européenne, leur autorité de tutelle, Luxembourg, Amsterdam… Mais, ensuite, les effectifs se sont en grande partie installés à Paris.

Sur 7 139 emplois gagnés par l’Ile-de-France dans le sillage du Brexit selon le décompte, arrêté fin janvier, du cabinet de conseil EY, 5 507 étaient des emplois de services financiers, de la banque à l’assurance en passant par la gestion d’actifs, soit 77 % du total.

Bank of America n’employait que 70 personnes à Paris avant le référendum britannique de 2016. Les effectifs y atteignent aujourd’hui 650 personnes, de 49 nationalités. J.P. Morgan, la première banque américaine, affiche 860 emplois et 40 nationalités dans la capitale française, après le transfert en deux phases de près de 500 postes londoniens.

Les locaux historiques de J.P. Morgan, place Vendôme, étant insuffisants pour accueillir les nouveaux arrivants, la majorité est désormais basée dans un immeuble tout proche, place du Marché-Saint-Honoré… qui pourrait lui-même se révéler trop petit si les recrutements se poursuivent au rythme actuel. La banque prévoit, entre autres, d’installer à Paris une nouvelle équipe consacrée à l’intelligence artificielle.

« La France est considérée comme probusiness »

Goldman Sachs a porté, de son côté, ses effectifs parisiens de 70 en 2020 à plus de 400 personnes aujourd’hui, hébergées depuis mai 2022 dans un immeuble de 9 000 m² avenue Marceau, avec vue imprenable sur l’Arc de triomphe. Ces adresses très centrales et très cotées ont facilité les décisions de certains salariés, qui n’auraient sans doute pas quitté d’aussi bon gré la City pour des quartiers plus éloignés ou moins prestigieux.

Au-delà de la localisation, beaucoup mettent en avant la « qualité de vie » parisienne dans le choix initial de la ville au détriment de Francfort, Dublin ou Amsterdam, qui figuraient parmi les hypothèses de départ.

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