Municipales 2026 à Sète : les propositions des six candidats sur l’architecture, l’immobilier et l’montage bourgeois

Chaque lundi jusqu’au 2 ventôse, Midi Libre détaille les programmes des candidats en herbage derrière les élections municipales à Sète. Aujourd’hui, les six candidats dévoilent à eux mesures en ressemblance rétréci envers l’architecture. Des idées ordinairement concrètes, des complaisance, épisodiquement des ambitions mieux indécis. Autant d’éléments qui permettent aux uns et aux discordantes de se réduire.

Sébastien Denaja : “À Sète l’urbain, c’est l’humain”

“Nous défendons une vision nouvelle de l’aménagement, respectueuse de notre singularité, faisant le choix du lien humain, du beau et de l’harmonie. Elle doit répondre à une triple exigence esthétique, écologique et démocratique. Tout projet urbanistique sera désormais soumis à l’avis de nos artistes, de scientifiques et des citoyens. Nos priorités sont l’adoption d’un nouveau Plan local d’urbanisme garantissant l’harmonie entre tous les quartiers et d’un nouveau schéma d’aménagement de l’entrée Est (sans aucune tour !) conciliant économie, écologie, logement, culture, fête et loisirs. Un de nos projets majeurs sera de sublimer l’axe historique du canal royal. Sète doit en être fière comme Marseille l’est de son Vieux Port. Son réaménagement, du môle jusqu’à la Plagette, doit être une source d’inspiration partout en Méditerranée. La qualité architecturale et environnementale de ce chantier d’ampleur devra permettre d’obtenir l’extension de la reconnaissance au patrimoine mondial de l’Unesco du canal du Midi jusqu’au canal royal qui est son débouché maritime ultime.
Nous voulons une ville qui respire et retrouve toutes ses couleurs. Face aux canicules qui imposent de la fraîcheur, la végétalisation n’est pas un gadget. Nous végétaliserons les façades des bâtiments publics pouvant l’être et lancerons un grand plan “Sète en couleurs”, en augmentant le budget dédié aux aides à la rénovation des façades (seulement 70 000 € en 2026) pour les particuliers et les commerçants, avec des incitations financières à la végétalisation. Tout Sétois sera à moins de 10 minutes à pied d’un îlot de fraîcheur, un parc ou un jardin public. Dès 2027, un grand jardin méditerranéen autour de la Médiathèque permettra au cœur de ville de respirer à nouveau.”

Hervé Marquès : “Contraindre la constructibilité”

“L’urbanisme n’est pas une simple gestion du foncier. Il définit le cadre de vie et l’âme de la ville. Il s’appuie sur un PLU, document fixant les règles de construction et d’aménagement. Datant de 2014, celui-ci ne correspond plus à la réalité de Sète en 2026. Mais avant de réécrire des règles, il est indispensable d’avoir une vision claire. C’est le sens de l’étude menée sur la “ville du quart d’heure” avec l’urbaniste Carlos Moreno : passer d’une ville qui subit sa réussite à une ville organisée pour le quotidien de ses habitants. Où chacun accède à proximité de son logement aux services, commerces, équipements, loisirs. Cette vision est désormais posée. D’où le lancement de la révision du PLU en novembre 2025. Je veux contraindre fortement la constructibilité, protéger les vues, la lumière, l’équilibre des rues et l’identité architecturale sétoise. Affirmer une priorité environnementale sur les permis : surfaces non imperméabilisées et éco-aménagées : pleine terre, végétaux, récupérer et réutiliser les eaux de pluie, photovoltaïque… Et écrire ce document avec les habitants. Sète est engagée dans la zéro artificialisation, donc protégée de toute construction sur ses espaces naturels. Nous rebâtissons la ville sur la ville (3 790 logements du centre-ville réhabilités depuis 2002) et reconversons les friches industrielles. Depuis juin, j’assume un changement de paradigme avec les promoteurs : ne pas se laisser dicter la forme de la ville, mais imposer des règles fortes, qualitatives, environnementales et de mixité sociale. Des décisions sont déjà actées : 30 % de logements à prix abordables par projet. Et des contraintes exigeantes limitant les constructions et protégeant les espaces verts à l’ouest. Un travail est aussi mené sur le quartier du Kursaal afin de l’harmoniser, développer les zones vertes et limiter les hauteurs.”

Laura Seguin : “Concevoir avec et pour les habitants”

“Notre vision : une ville conçue avec et pour ses habitant(e) s, respirable, sécurisée et prête à affronter les défis climatiques. Un urbanisme sobre et protecteur passe par la révision du PLU (zéro artificialisation nette, interdiction des constructions en zones inondables/ polluées, intégration des risques climatiques), la réintroduction d’un volet maritime dans le Scot pour préserver l’étang et le littoral, ainsi qu’un plan pluriannuel contre les débordements des réseaux d’assainissement (écrêtage des eaux pluviales, séparation des réseaux). En ville, nous intégrerons des îlots de fraîcheur dans chaque quartier et réaliserons la rénovation thermique des bâtiments publics (priorité aux écoles). Ce sont aussi des déplacements apaisés, avec des trottoirs et voies cyclables sécurisés, une piétonnisation progressive du centre-ville ; des abords d’écoles sécurisés ; un service de transport en commun de qualité (bus plus fréquents, horaires élargis et objectif de la gratuité pour toutes et toutes) ; des parkings relais aux entrées de ville reliés au centre par des bus réguliers, des navettes sur les canaux toute l’année. Les projets urbains seront repensés avec les habitant(e) s, avec la fin du tout-immobilier entrée Est, la création d’un poumon vert avec de l’habitat intergénérationnel sur le site actuel des Pergolines, à l’île de Thau la rénovation des cours intérieures et des espaces verts/jeux à la place du lotissement prévu sur l’ancienne école Lacorre, la réalisation des aménagements indispensables aux petits métiers promenade JB Marty et quai de la Consigne, la valorisation des puces et le maintien du stationnement gratuit place de la République, la construction en dur de la salle Brassens sur son site actuel, et enfin une étude d’impact sur le parking et la place Aristide-Briand, avec consultation citoyenne sur son devenir.”

Sébastien Pacull : “Construire pour les familles”

“Sète n’est pas un terrain de jeu pour promoteurs. C’est par ce constat que j’affirme notre volonté de rompre avec l’urbanisme actuel pour redonner une vision architecturale cohérente à l’Île singulière, en respectant son histoire et son passé. Face à la bétonisation débridée, nous proposons un projet fondé sur l’équilibre, la concertation et la préservation. La priorité absolue sera la révision complète du Plan local d’urbanisme (PLU). L’objectif est clair : sanctuariser les zones naturelles, stopper le massacre esthétique de l’entrée Est et privilégier la réhabilitation du bâti existant plutôt que la construction massive. Sur le Mont Saint-Clair, l’identité architecturale sera protégée par l’exclusion des projets de “toits-terrasses”, étrangers à l’âme du quartier.
Pour en finir avec les projets déconnectés des besoins locaux, une limite stricte de 5 étages maximum sera imposée aux nouveaux programmes. De plus, des quotas obligatoires de logements de grande taille seront exigés afin de permettre aux familles sétoises de rester vivre en centre-ville. Concernant le terrain des Pergolines, aucun projet ne verra le jour sans une vaste concertation préalable avec les habitants. Je souhaite également sanctuariser le foncier pour l’emploi : sur le Quai des Moulins et le long de la gare, la priorité sera donnée au développement économique et aux loisirs, avec des réserves foncières bloquées sur 20 ans pour garantir l’avenir industriel et artisanal de Sète. Enfin, la qualité de vie passera par une végétalisation massive. Le projet phare : la transformation de la zone du Mas Coulet (future implantation du Casino) en un véritable poumon vert avec la création d’un grand parc arboré pour tous les Sétois.”

Pascal Pintre : “Stopper l’étalement urbain et poursuivre la requalification”

“Il y a urgence à stopper l’étalement urbain en considérant les limites physiques et géographiques de la ville. Sète n’a pas vocation à devenir une ville de 60 000 habitants ! Ma priorité sera de stopper cet étalement urbain et poursuivre la requalification de la ville. Cela passe par plusieurs mesures concrètes. D’abord, suspendre et reconsidérer en totalité le projet de l’entrée Est rive Nord, prévoyant 2 400 logements et 7 000 nouveaux habitants. Il s’agira de créer un nouveau quartier mixte végétalisé, regroupant notamment : de l’habitat pour les familles et les actifs, un nouveau pôle d’activité économique avec maintien des entreprises existantes, ainsi qu’un nouveau campus d’enseignement supérieur et des résidences étudiantes. En outre, créer une vaste aire de loisirs pour les jeunes notamment. Je réviserai le Plan local d’urbanisme pour limiter les densités et les hauteurs sur les futurs programmes neufs immobiliers. Ma priorité sera également de requalifier l’entrée Ouest de la ville par la création d’un grand parc paysager sur l’esplanade Les Copains d’abord. Requalifier les quais de la Marine, de la Consigne, Maximin-Licciardi, la promenade JB Marty font aussi partie de mon programme. Par ailleurs, il est nécessaire de relancer l’embellissement des façades dans les quartiers commerçants et le Cadre royal.”

Daniel Pilaudeau : “L’espace public est soumis au profit d’intérêts financiers ou de prestige”

“À Sète comme ailleurs, l’urbanisme n’est pas pensé pour les besoins des habitants, mais pour les affaires et le profit. La ville est traitée comme un simple gisement de valeur par les promoteurs et les acteurs financiers de l’immobilier et du stationnement. Cette logique de marchandisation, inhérente au système capitaliste, transforme chaque immeuble ou quartier en un produit de spéculation, parfois destiné à satisfaire des actionnaires lointains. La gestion de l’espace public est ainsi orientée au profit de projets d’intérêts financiers ou de prestige, tandis que les infrastructures indispensables aux familles ouvrières se dégradent. Le béton remplace les espaces verts et la montée des prix comme le coût du stationnement rejettent les travailleurs loin du centre et de leur lieu de vie historique. Face à cette dictature de l’argent qui bétonne l’environnement pour des dividendes, nous ne pourrons compter que sur notre propre mobilisation pour imposer d’autres priorités et mettre fin à ce système capitaliste qui gangrène toute la société. Car que valent les projets urbanistiques des différents candidats quand toute la société va dans le mur, entre crises et guerres ? Les promesses d’embellir ou de verdir la ville n’ont aucun sens si la majorité de la population voit son avenir directement menacé par le chômage, la précarité voire la pauvreté, et peut-être un jour la guerre ! Les élus Lutte ouvrière seront un point d’appui dans toutes les luttes contre les capitalistes et leur recherche du profit à tous les niveaux, et contre les notables locaux et l’État à leur service.”