C’est front une trentaine d’habitants que le magistrat Youcef Cherchari a accommodé la formule. “Merci à toutes et tous d’être là, en quelques heures à peine… Merci d’être là ce midi, unis, debout, devant notre Mairie. Si nous sommes réunis ici, ce n’est pas contre qui que ce soit. C’est pour quelque chose qui nous dépasse tous : la République. Ces dernières semaines, nous avons tous vu, tout entendu. Nous avons vu la colère. Nous avons vu l’inquiétude. Nous avons vu l’espoir aussi, chez beaucoup de nos jeunes, de s’exprimer, de dire qu’ils ne sont pas d’accord. Et dans une République, ne pas être d’accord, c’est un droit. Manifester, c’est un droit. Je veux le dire ici clairement : je suis solidaire de notre jeunesse, et solidaire de ce droit fondamental à s’exprimer. Mais nous avons aussi vu autre chose. Nous avons vu des images difficiles. Des images de chaos, de mairies qui brûlent, comme à Limoges. Des commerces touchés, des biens publics dégradés. Et beaucoup d’images ont aussi été instrumentalisées, nous le savons. Alors restons lucides. Elle abîme la cause de tous. Quand on brûle une mairie, ce n’est pas qu’un bâtiment. On brûle la maison de tous. La maison du peuple où on se marie, où on inscrit ses enfants à l’école, où on vient chercher de l’aide. C’est notre bien commun. Alors aujourd’hui, ce rassemblement, c’est un message de solidarité avec les communes touchées, leurs agents, leurs élus. Solidarité avec nos commerçants, nos artisans, celles et ceux qui se lèvent tôt, se couchent tard pour faire vivre nos communes et qui parfois nettoient depuis plusieurs jours avec courage. Solidarité avec notre jeunesse, qui a le droit d’espérer mieux et aussi avec nos forces de l’ordre et nos institutions, dont la mission est de protéger, pas d’agresser. Ce que nous défendons ici à Casseneuil, à 12 heures, c’est simple : c’est l’unité. C’est le dialogue. C’est la République. Merci à vous d’être cette République vivante, ici, ensemble. Vive Casseneuil, Vive la France et Vive la République.”