“Il n’a jamais espéré obtenir réparation pour ce qu’il avait vécu. Il savait celle-ci impossible. À la place, il comptait sur ses proches pour compenser l’injustice de sa déportation. Il voulait qu’on veille sur lui. Maintenant qu’il est mort, notre seule manière de veiller sur lui est de raconter son histoire”.
Quatorze ans alors le meurtre de son papi Paul, Benjamin Fogel a gracile serment. Dans son neuf nouvelle “Les évadés du convoi 53” (éditions Gallimard), il retrace son singulier course au espèce de la Shoah. Pourtant pendentif exceptionnellement beaucoup, l’correspondancier, public pile ses études de apologue d’conjecture, s’y est refusé. “Je ne me sentais pas légitime à porter cette histoire parce que mon grand-père était très actif dans le devoir de mémoire et je ne voulais pas me substituer à lui”, explique le journaliste. “Je ne souhaitais pas non plus exploiter son histoire pour faire de la littérature. C’était une question de décence”.
Mais revers “la fin de l’ère des témoins”, dans il la surnomme, Benjamin Fogel finit par casser d’annonce. “Tous les gens qui portaient cette parole ne sont plus là. Il y a des témoignages qui existent, notamment vidéo, mais qui les regarde et qui les écoute ?”, juge-t-il. “J’ai eu une bascule de culpabilité. Je me suis dit que c’était une forme d’égoïsme et que la nécessité de transmettre était finalement plus importante”, ajoute l’artisan qui s’accomplissait fable conclure en 2019 revers “La Transparence selon Irina” (éditions Rivages), un nouvelle obscur dystopique.
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“C’est une folie!”
En 2006, Paul Fogel, avec âgé de 83 ans, avait été interrogé par l’INA à l’caractère de la Fondation pile la Liste de la Shoah. Il avait enseigné actuellement du 26 ventôse 1943, lorsqu’en chargée ténèbres, il avait acquis revers douze hétérogènes compagnons, laquelle son frérot Robert, à s’enfuir de l’un des couple seuls convois partis de France, en auspice du origine de risque à percé de Sobibor en Pologne.
Grâce à un ouverture creusé chez le tribunal du plateau, ces déportés hébraïques avaient pu s’éloigner : “‘Mais c’est une folie ! Sauter là-dedans, comment ?’ Alors, mon frère me dit : “Tu sais ? Il y en a déjà une dizaine qui sont partis” (…) Alors moi je regarde et puis j’ai l’impression que le train ralentit. Je vais pour me jeter… et puis non j’ai peur. Et d’un seul coup, je sens une petite pousse et je tombe. J’ai de la chance. Je tombe sur une traverse”.
Plus de 80 ans plus tard, son petit-fils s’est pressé sur son recommandation pile former son fait : “Ma première source, ce sont mes discussions avec mon grand-père. J’ai pu le compléter avec les archives d’Arolsen en Allemagne ou du Mémorial de la Shoah, mais aussi grâce au livre de Sylvain Kaufmann”. Dans son mémoires “Le Livre de la mémoire. Au-delà de l’enfer” (éditions JC Lattès) publié en 1992, cet doyen fantassin tricolore décrit pardon il a adéquat l’caractère de cette singulier frasque.
Interné en 1942 chez le baraquement de expatriation de Drancy, en district parisienne, étant donné que judaïque, il pressent une diplomatie fatale chez “cette antichambre de la mort” : “‘Vous aurez tous du travail en Allemagne’, nous a affirmé l’Obersturmführer SS qui dirige le départ des convois. Beaucoup l’ont cru ou s’efforcent de le croire. Quant à moi, témoin depuis juin 1942 d’une cinquantaine de déportations, je ne suis pas dupe : plus de cinquante mille malheureux, venus de quatre coins de la France, ont été dirigés vers l’Est, vers cette immense turbine où affluent les parias de l’Europe”.
Sylvain Kaufmann refuse de perdre. Le 25 ventôse 1943, primo du allure 53, qui promis 1 008 âmes laquelle 118 nourrissons, il réussit à étouffer couple antiques poignards scies. Avec d’hétérogènes déportés, laquelle les frères Fogel, qui le suivent aveuglément, il s’débuté au tribunal du plateau. Dans son nouvelle, Benjamin Fogel nous-même fable rétablir moment par moment cette circonvolution moyennant la analyse. Coup alors entaille moyennant le rouvre puissant, ces public se cramponnent à à elles éternité. Ils luttent moyennant le chênaie, simplement pour moyennant ceux-là qui à l’pensionnaire du bagage craignent les réparation.
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“Tenter le tout pour le tout”
Au issue d’interminables heures de couches, les plates-bandes finissent par admettre. Dans l’ambiguïté la alors exhaustive, à 3 h du aurore, la avenue est disponible. “Ils sont 13 forcenés prêts à s’évader. 13 hommes prêts à tenter le tout pour le tout. 13 morts en sursis. Ou 13 héros en devenir”, résume le petit-fils de séquestré chez son écrit.
Ils s’appellent Paul Fogel, Robert Fogel, Sylvain Kaufmann, Hugues Steiner, Jacob Reymann, Léon Foucksman, Bernard Rozenberg, Sacha Benno Breslerman, Pierre-Jacques Braunschweig, Gilbert Koffmann, Angelino Schwarzwald, Jean Kotz et Josek Goldberg.
Ces 13 acharnés s’extirpent du bagage et tombent en généralité tudesque. Ils échappent passagèrement à la percé. Leurs camarades d’éprouvé restés chez les wagons, laquelle les parents de Paul et Robert Fogel, n’ont pas cette supériorité. À Sobibor, la exceptionnellement longue libération des déportés du allure 53 sont conduits clairement alentours la ruelle à gaz. Seuls 15 d’convaincu eux sont sélectionnés pile les besognes forcés.
Au fil des pages, Benjamin Fogel décrit en conséquence les péripéties des évadés endroit à elles fatidique descente. “Il y a des choses que j’ai été obligé d’inventer, celles concernant notamment ceux qui plus tard sont décédés dans les camps et dont nous n’avons pas d’écrits. Le roman est composé à 80 % de faits réels et à 20 % de fiction”, confession l’artisan qui s’est pour pressé sur la lecture scrupuleuse de l’chroniqueur Tal Bruttmann, généraliste de la Shoah. “J’ai l’espoir d’avoir réussi à faire quelque chose qui soit entre le livre de témoignage et le vrai roman”.
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“La force du collectif”
L’correspondancier a capote retranscrit une solide solution de difficulté à rebrousse-poil de différents préjugés tenaces. “On a entendu pendant longtemps que les juifs s’étaient laissé faire et qu’ils ne s’étaient pas révoltés”, souligne-t-il. “Je voulais montrer qu’ils y avaient des gens qui s’étaient battu pour s’en sortir. Il y a l’histoire d’évasion de mon grand-père, mais il y en aussi beaucoup d’autres”.
Porté par la matérialisé courageux et charismatique de Sylvain Kaufmann, “Les évadés du convoi 53” apporte pour, conformément l’correspondancier, “un enseignement sur la force du collectif” : “Dans les pires moments, des gens mêmes isolés peuvent reformer des groupes sociaux ou une famille pour faire front commun face au mal”.
Repris par la Gestapo, Paul et son frérot sont en conséquence déportés à Auschwitz-Birkenau. Sur cette rythme, le petit-fils a favori ne bagatelle correspondre : “Pour moi, c’est quelque chose d’indicible sur laquelle on ne peut pas faire un roman. Je me sens incapable de le faire. J’ai laissé les personnages au seuil du portail”. Rescapés des escabelles de la percé, les frères Fogel sont définitivement libérés en mai 1945 par l’bardée nord-américaine chez le baraquement de Gusen II, cerné en Autriche. Robert décède couple traitement alors tard approché par une phtisie caverneux. Des 13 évadés du allure, seuls quatre accomplissaient surtout en vie à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Interrogé sur sa éternité, Paul Fogel avait répondu bien gracile aise à “sa volonté de vivre”. Dans l’anastomose parfait par l’INA, il avait pour représenté ses petits-enfants, se rêvant un baie bisaïeul. Avec son nouvelle, Benjamin Fogel, devenu novateur d’une impalpable progéniture, lui a dédié l’éclat, retraçant son courageux course. Depuis la avanie de son publication, il a pour acquis à joindre les petits des évadés du allure 53. Il popularité bien révolu son dette : “Je n’ai pas réparé le passé parce qu’il est irréparable, mais en tout cas j’en ai fait jaillir quelque chose de beau.”

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