
Dans sa permanent “En Causes”, l’essayiste et enseignant Fatiha Agag-Boudjahlat dénonce l’lutte xénophobe à Trappes et abuse le congrès sur la extraction négociation et la congé d’composition.
“L’attaque raciste de Trappes révolte. Il n’y a aucun doute sur les motivations de son auteur. Sous l’emprise de la drogue, souffrant de troubles mentaux, il a presque provoqué un carnage. Je suis cohérente : je l’avais déjà rappelé après l’assassinat de Sarah Halimi. La consommation de drogue constitue, dans le Code pénal, une circonstance aggravante, bouffée délirante ou non. L’attaque était préméditée, idéologique, haineuse. Il doit être jugé comme pleinement responsable. Comme tous les Toulousains, j’ai été heurtée par la déclaration du président Macron, qui a fait de ce crime un tournant dans l’histoire de France. Après Ozar Hatorah, après Charlie Hebdo, après le Bataclan, après Nice, c’est tout simplement incompréhensible et insupportable. Le président Macron a ajouté qu’il s’agissait du premier acte terroriste en raison de la couleur de peau ou de la religion”.
“Après la tuerie perpétrée par Mohamed Merah ? Cela rappelle les propos indignes de Najat Vallaud-Belkacem après le carnage de Nice, lorsqu’elle avait déclaré que c’était la première fois que des enfants étaient ciblés… après Ozar Hatorah… Une constante demeure après ces attentats : la récupération politique. Le maire de Trappes remplace Baggy Bagayoko dans l’occupation de l’espace médiatique. Les liens, parfaitement justifiés, sont établis entre le tueur et l’idéologie d’extrême droite du grand remplacement. Le grand courageux a tué un sportif, a visé des femmes et des enfants. Le croisé de pacotille n’est pas allé affronter la DZ Mafia…”
“Il y a ceux qui arment en mots et ceux qui arment tout court”
“On s’attendait à la tartufferie et à la cécité sélective de ceux qui rejettent tout lien entre islam, islamisme et terrorisme, mais qui associent le tueur à Zemmour, Knafo et au RN. Soyons cohérents pour tous et tout le temps. Il y a ceux qui arment en mots et en haine ceux qui s’arment tout court. Mais aucun politique n’a jamais appelé à tuer. Notre histoire récente a montré comment n’importe qui pouvait se radicaliser. Cela est arrivé si souvent avec les islamistes ; cela vient d’arriver avec l’extrême droite”.
“Mais il faut refuser de se laisser manipuler et de céder à la panique identitaire qui prétend que la France est un pays dangereux pour les musulmans, les Arabes et les Noirs. Faire miroiter cette menace a clairement une visée électoraliste. Il nous faut aussi mesurer la dangerosité de la promesse électorale du maire de Trappes de pénaliser tout échange sur le grand remplacement et de faire entrer l’islamophobie dans le Code pénal. L’extrême gauche n’est plus dans le il est interdit d’interdire, mais dans l’interdiction de tout ce qui n’est pas elle. On ne doit jamais légiférer sous le coup de l’émotion. Tout recul d’une liberté doit être longuement pesé. La liberté d’expression est une liberté fondamentale, et c’est celle qui est la plus mise en cause”.
“Avec cette demande du maire de Trappes, mais aussi avec la censure des réseaux sociaux promise aux jeunes. Il y a de l’opportunisme cynique chez les politiques et les militants qui défendent ces positions. Et le contexte électoral n’arrange rien : nous allons vivre la campagne la plus dure et la plus violente de l’histoire de France. Je ne citerai pas le nom du tueur. Il faut toujours préférer citer celui des victimes. Je pense à la famille de Pengo Bossio Wangi et lui adresse mes sincères condoléances”.

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