Maire de Toulouse imprégné 2008 et 2014, Pierre Cohen raconte entre une chaire adressée à La Information du Midi comme il a traversé l’misère des traquenards de Toulouse.
Maire de Toulouse imprégné 2008 et 2014, Pierre Cohen trouvait au Capitole quand les traquenards de Toulouse ont été perpétrés, à brutalement du 19 germinal 2012. Quatorze ans alors, et lors que l’antisémitisme progresse à rafraîchi entre la congrégation française, l’vieillot magistrat socialiste de Toulouse proclamation à La Information du Midi une chaire entre auxquelles il raconte cette misère.
” Le 19 mars 2012 demeure une date gravée dans la mémoire de Toulouse. Une date qui ne s’efface pas, tant elle a marqué notre ville d’une blessure profonde, intime, collective. J’étais maire de Toulouse lorsque les attentats terroristes islamistes, antisémites et racistes ont frappé notre territoire, à commencer par le meurtre du soldat Imad Ibn Ziaten, premier acte de cette tragique série, puis l’attaque de l’école Ozar Hatorah, où furent assassinés Jonathan Sandler, ses fils Aryeh et Gabriel, ainsi que Myriam Monsonego. Comme pour tant de Toulousains, ce fut un choc d’une violence inouïe. Je me souviens de la sidération, du silence, puis de l’effroi. Je me souviens surtout des visages, des familles, de cette douleur qui ne peut se dire pleinement.”
“Une violence inouïe “
“Rien ne prépare à cela. Rien ne prépare un maire, un élu, un citoyen, à accompagner une ville frappée en son cœur, là où elle est la plus vulnérable : ses enfants, son école, son vivre-ensemble. Ce drame a marqué un basculement. Il a ouvert, en France, une période où les attentats terroristes allaient se multiplier, installant durablement l’inquiétude, la peur parfois, et la tentation du repli. Mais il nous a aussi obligés à nous interroger : sur ce que nous sommes, sur ce que nous voulons défendre, sur la manière dont nous faisons société. À Toulouse, cette réflexion a pris une forme particulière. Elle nous a conduits à réaffirmer avec force les principes de la République, au premier rang desquels la laïcité. Non pas une laïcité de confrontation ou d’exclusion, mais une laïcité exigeante, garante de la liberté de conscience et du respect de chacun. C’est dans cet esprit que nous avons créé le Conseil de la laïcité dans la cité, afin de faire vivre concrètement ces principes et de construire, au quotidien, une concorde durable entre tous les Toulousains”.

“Ne pas dévoyer ce souvenir”
“Aujourd’hui, quatorze ans plus tard, le souvenir est toujours là. Il ne s’atténue pas. Mais avec le temps vient aussi une responsabilité : celle de ne pas dévoyer ce souvenir. Dans le contexte actuel, alors que notre pays traverse des tensions et que le débat public est parfois tenté par la simplification ou l’instrumentalisation, je veux le dire avec gravité : ces drames ne doivent jamais faire l’objet de récupération politique. Ils exigent au contraire retenue, dignité et sens de l’intérêt général. Se souvenir, ce n’est pas opposer. Se souvenir, ce n’est pas diviser. Se souvenir, c’est se tenir à la hauteur de ce que ces vies brisées nous obligent à être.”
“Rien ne justifie la haine”
“Plus que jamais, nous devons poursuivre le combat contre l’antisémitisme, qui a frappé au cœur même de ces attentats, mais aussi contre toutes les formes de racisme et de discrimination. Rien ne justifie la haine. Rien ne doit banaliser l’intolérance. Dans un contexte international marqué par les conflits et les crispations identitaires, il nous revient, ici, en France, de tenir bon sur nos principes : la République, l’égalité, la fraternité. Toulouse, en 2012, a montré sa dignité. Elle a su se rassembler, refuser les amalgames, affirmer son attachement à la paix civile. C’est cet esprit que nous devons continuer de faire vivre. Pour les victimes. Pour leurs familles. Et pour ce que nous sommes.”

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